DiagnozFonctionnalitésTarifsLe coût des RPSSécurité
Essai gratuit
Se connecter

Fonctionnalités

Tarifs

Le coût des RPS

Sécurité

Différence QVT QVCT : ce qui change depuis 2022

Fondateur de Diagnoz

Différence QVT QVCT : ce que la loi du 2 août 2021 a changé, qui doit négocier et à quelle fréquence, plus dix actions classées obligatoire ou recommandé.

La différence entre QVT et QVCT tient à un mot ajouté : les conditions. Depuis le 31 mars 2022, le code du travail a changé l'objet de la négociation obligatoire. Elle porte sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT)1. Cette obligation vise les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives. La rédaction antérieure parlait, elle, de « qualité de vie au travail » (QVT)2.

Un accord QVT signé en 2019 et reconduit à l'identique porte donc sur l'objet ancien. Le sujet a bougé. Il englobe désormais les conditions dans lesquelles le travail s'exerce.

À retenir

  • Ce qui est obligatoire : dans une entreprise où existe au moins une section syndicale d'organisation représentative, la négociation porte sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail, chaque année à défaut d'un accord de périodicité conclu au titre de l'article L2242-11 du code du travail.
  • Ce qui est recommandé : traiter l'organisation du travail avant les services rendus aux salariés, et tester les changements sur un service avant de les généraliser.
  • Par où commencer : relisez votre dernier accord et comptez les articles qui portent sur le contenu du travail, pas sur son environnement.
  • Où Diagnoz intervient : Diagnoz mesure les facteurs d'organisation par questionnaire et restitue les résultats par unité de travail.

QVT, QVCT : ce que recouvre chaque sigle

La QVT est née d'un accord national interprofessionnel (ANI) du 19 juin 20133. Ce texte a juridiquement cessé de produire ses effets, comme le constatent les signataires de l'accord suivant4. Il visait l'amélioration de la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle, et parlait déjà du contenu du travail. Le cas classique, en entreprise, reste pourtant l'accord dont les articles portent sur la conciergerie et la salle de repos.

On conçoit tout à fait qu'un sigle change sans que rien ne bouge derrière. Les partenaires sociaux, pourtant, ont écrit ceci. « Le présent accord propose que l'approche traditionnelle de la qualité de vie au travail soit revue pour intégrer la qualité de vie et des conditions de travail »4. La phrase vient de l'ANI du 9 décembre 2020. Le même texte énumère ce que la démarche doit couvrir : les conditions d'exercice du travail, l'utilité et le sens du travail, l'expression des salariés et leur participation4.

La QVCT déplace le point d'application vers le travail lui-même. Ce qu'on demande aux salariés, avec quels moyens, dans quels délais.

Ce que la loi du 2 août 2021 a changé

La loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail reprend cet accord. Son article 4 a réécrit l'objet de la négociation obligatoire, applicable depuis le 31 mars 20225. À défaut d'accord fixant le contenu des thèmes17, le contenu de cette négociation figure à l'article L2242-17 du code du travail6. On y trouve l'articulation entre vie personnelle et vie professionnelle, l'égalité salariale et l'insertion des travailleurs handicapés. Le droit à la déconnexion y figure aussi.

Aucune obligation de sécurité nouvelle n'en découle pour autant. L'organisation du travail comptait déjà parmi les principes généraux de prévention. L'employeur doit planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants7. La loi de 2021 a aligné le vocabulaire de la négociation sur ce principe déjà écrit5.

Faut-il en conclure que rien ne change ? Non. Ce que vous devez mettre sur la table de négociation est désormais écrit autrement.

Qui doit négocier la QVCT, et à quelle fréquence

Ce n'est pas l'effectif qui déclenche l'obligation de négocier, c'est la présence syndicale. Le code du travail vise les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives. Aucun seuil de salariés n'assortit cette condition.

La désignation du délégué syndical, elle, dépend de l'effectif. Dans une entreprise ou un établissement d'au moins cinquante salariés, une organisation représentative le désigne parmi les candidats aux dernières élections professionnelles8. L'effectif doit avoir été atteint pendant douze mois consécutifs.

En dessous, la désignation reste possible. Dans les établissements qui emploient moins de cinquante salariés, les syndicats représentatifs peuvent désigner comme délégué syndical un membre de la délégation du personnel au comité social et économique (CSE)9. Une entreprise de 30 salariés peut donc être tenue de négocier. Tout dépend de sa configuration syndicale.

L'obligation de sécurité ne dépend, elle, d'aucun de ces paramètres. Elle s'impose à tout employeur, quel que soit l'effectif10.

La périodicité se négocie. À défaut d'un accord de périodicité conclu au titre de l'article L2242-11 du code du travail, l'employeur engage chaque année la négociation sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail11. Un tel accord peut l'espacer, sans que la périodicité excède quatre ans17.

La présence d'un délégué syndical change tout. En 2023, 16,2 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole avaient engagé au moins une négociation collective. Parmi celles pourvues d'au moins un délégué syndical, la proportion atteint 81,8 %12. La négociation QVCT obéit à la même condition d'ouverture : sans section syndicale représentative, l'obligation ne se déclenche pas1.

Du sigle aux actes : dix actions et leur statut

La grille ci-dessous traduit le passage de la QVT à la QVCT en dix actions. La colonne statut sépare ce que la loi impose de ce que la pratique et l'ANI de 2020 recommandent.

SujetPratique QVT couranteAction QVCTStatut
Objet de l'accordServices aux salariés, événements internesNégociation portant sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie et des conditions de travail1Obligatoire
PériodicitéNégociation ouverte au gré des occasionsChaque année à défaut d'un accord de périodicité conclu au titre de l'article L2242-1111, quatre ans au plus17Obligatoire
DéconnexionCharte affichée à l'initiative de l'employeurModalités du droit à la déconnexion discutées dans la négociation QVCT6Obligatoire
Expression des salariésBaromètre annuel anonymeEspaces de discussion sur le contenu, les conditions d'exercice et l'organisation du travail13Obligatoire dans son principe
Rôle du CSEInformation après décisionConsultation du CSE sur tout aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail14Obligatoire dans les entreprises d'au moins cinquante salariés
Évaluation des risquesVolet risques psychosociaux (RPS) génériqueÉvaluation tenant compte de l'organisation du travail et de la définition des postes15Obligatoire
Thèmes portés à la tableConciergerie, salle de repos, semaine thématiqueConditions d'exercice du travail (management, moyens, collectifs), sens du travail, participation des salariés4Recommandé
DéploiementPlan global lancé partout en même tempsÉquipes concernées associées avant l'arbitrage, expérimentation sur un service, puis extensionRecommandé
Indicateurs suivisTaux de participation au baromètreAbsentéisme et turnover par unité de travailRecommandé
Encadrement de proximitéFormation au bien-êtreFormation à la régulation de la charge et aux arbitragesRecommandé

Six lignes reposent sur un texte, dont une seulement à partir de cinquante salariés. Les quatre dernières ne découlent d'aucune obligation. La première s'appuie sur l'ANI de 2020, les trois autres sur une pratique de terrain justifiée plus bas.

Deux lignes priment sur les autres. Commencez par l'évaluation des risques : sans un document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) qui regarde l'organisation, la négociation n'a aucune matière à traiter. Nos obligations liées au DUERP détaillent le contenu attendu et la fréquence de mise à jour.

Prenez ensuite l'expression des salariés. Un baromètre de satisfaction ne produit rien de négociable. Une réunion d'équipe animée sur les difficultés réelles du poste en produit dès la première séance. Les lignes adossées à un texte ne se hiérarchisent pas pour autant : chacune s'applique dès que sa condition est remplie.

Trois pièges du passage à la QVCT

Le premier piège consiste à renommer l'accord sans en changer l'objet. Un avenant qui remplace QVT par QVCT dans le titre laisse le contenu intact. La négociation reste alors à côté de son objet légal.

Le deuxième piège consiste à mesurer la satisfaction plutôt que le travail. À titre d'exemple, une entreprise de logistique de 140 salariés près de Nîmes reconduit son accord QVT sous le nom de QVCT. Le baromètre annuel affiche 7,2 sur 10. Deux arrêts longs surviennent pourtant en six mois, sur la même équipe de quai de nuit. Le CSE demande l'inscription des horaires à l'ordre du jour. La direction rouvre la négociation sur la rotation des postes de nuit et sur la polyvalence exigée en fin de service. Le baromètre n'avait rien vu, parce qu'il ne posait aucune question sur l'organisation.

Le troisième piège tient au périmètre. Un plan déployé partout en même temps ne se corrige nulle part. Une démarche progressive laisse le temps de vérifier ce qui produit un effet, service par service : nos six étapes d'une démarche QVCT décrivent cet enchaînement.

La mesure, pour être utile, doit porter sur des facteurs d'organisation et descendre à une maille assez fine pour désigner une équipe. Un outil comme Diagnoz les mesure par questionnaire et restitue les résultats par unité de travail, sans jamais livrer de réponse individuelle. Le détail des fonctionnalités précise ce que contient cette restitution.

Un accord QVCT se juge sur ce qu'il change dans l'organisation du travail, jamais sur son intitulé.

Ouvrez votre dernier accord cette semaine. Comptez les articles qui portent sur le contenu du travail. Ce chiffre fixe le point de départ de la prochaine négociation.

FAQ

La QVT a-t-elle disparu ?

Le sigle reste employé dans les entreprises et dans la littérature professionnelle. L'ANI de 2013 qui l'a installé a pourtant cessé de produire ses effets3. L'expression ne figure plus, elle non plus, dans l'article du code du travail qui fixe l'objet de la négociation obligatoire. Depuis le 31 mars 2022, cet objet est la qualité de vie et des conditions de travail. Le code fixe l'objet de la négociation, pas l'intitulé de l'accord : garder le mot QVT dans un titre ne rend pas l'accord irrégulier1.

Faut-il renégocier un accord QVT signé avant 2022 ?

Un accord conclu pour une durée déterminée produit ses effets jusqu'à son terme, puis cesse de les produire16. La négociation suivante porte en revanche sur l'objet fixé depuis le 31 mars 2022, qui inclut les conditions de travail1. Profitez de cette échéance pour ajouter les sujets absents : moyens alloués, organisation des horaires, autonomie laissée aux équipes. Avant le terme, un avenant de révision reste ouvert aux organisations habilitées à engager cette procédure18.

La QVCT est-elle obligatoire en dessous de 50 salariés ?

Elle peut l'être. La négociation obligatoire suppose une section syndicale d'organisation représentative, et non un effectif minimal. Dans un établissement de moins de cinquante salariés, un syndicat représentatif peut désigner un élu du CSE comme délégué syndical. L'entreprise entre alors dans le champ de la négociation. L'obligation de sécurité et l'évaluation des risques, elles, s'appliquent quel que soit l'effectif.

Quelle différence entre QVCT et prévention des RPS ?

La prévention des RPS traite des risques pour la santé mentale et relève de l'obligation de sécurité. La QVCT désigne une démarche plus large, qui inclut ces risques et y ajoute le sens du travail et la participation des salariés. Voir qui fait quoi dans la prévention des risques psychosociaux.

Sources

  1. Article L2242-1 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 31 mars 2022
  2. Article L2242-1 du code du travail, rédaction antérieure — Légifrance, version applicable du 24 septembre 2017 au 31 mars 2022, remplacée depuis et donc plus en vigueur
  3. Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 relatif à une politique d'amélioration de la qualité de vie au travail et de l'égalité professionnelle, titre Ier — Légifrance. Cet accord, conclu pour une durée déterminée de trois ans, a juridiquement cessé de produire ses effets, comme le constate l'ANI du 9 décembre 2020 qui lui a succédé sur ce sujet. Il n'est cité ici qu'au titre de l'histoire de la notion
  4. Accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020 relatif à la prévention renforcée et à une offre renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail, article 2 — Légifrance, en vigueur non étendu depuis le 30 janvier 2021
  5. Article 4 de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail — Légifrance, 2021 ; entrée en vigueur au 31 mars 2022 fixée par le I de l'article 40 de la même loi
  6. Article L2242-17 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 31 mars 2022
  7. Article L4121-2 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 10 août 2016
  8. Article L2143-3 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 26 octobre 2025
  9. Article L2143-6 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 1er janvier 2018
  10. Article L4121-1 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 1er octobre 2017
  11. Article L2242-13 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 26 octobre 2025
  12. Négociations et grèves dans les entreprises — Insee Références, « Emploi, chômage, revenus du travail », édition 2025
  13. Article L2281-1 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 1er janvier 2018
  14. Article L2312-8 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 25 août 2021
  15. Article L4121-3 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 31 mars 2022
  16. Article L2222-4 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 10 août 2016
  17. Article L2242-11 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 26 octobre 2025
  18. Article L2261-7-1 du code du travail — Légifrance, version en vigueur depuis le 10 août 2016

Évaluez les risques psychosociaux de vos équipes.

Questionnaire scientifique, restitution par unité de travail et volet RPS du DUERP généré.

À lire aussi :

Diagnoz

Quelques minutes

👋 Bonjour! Bienvenue sur Diagnoz, pouvons-nous vous aider?