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Évaluation des risques psychosociaux : méthode en 5 étapes

Fondateur de Diagnoz

Évaluation des risques psychosociaux : le protocole en 5 étapes, les livrables de chaque phase et un rétroplanning sur 3 mois, à dérouler en interne.

L'évaluation des risques psychosociaux (RPS) est une obligation légale. Elle se déduit de deux règles du code du travail. L'employeur doit protéger la santé physique et mentale des travailleurs13. Il doit aussi évaluer les risques pour la santé et la sécurité, en tenant compte de l'organisation du travail3. L'INRS retient la même lecture14. En 2024, près de 29 000 accidents du travail ont été identifiés comme liés aux RPS, en hausse de 14 % sur un an1.

Cinq étapes suffisent, sur environ trois mois. Le protocole ci-dessous se conduit en interne, sans cabinet.

Le questionnaire est la partie facile. Tout se joue sur son branchement à un plan d'action daté et au document unique.

À retenir

  • Ce qui est obligatoire : évaluer les risques psychosociaux au même titre que les autres risques, transcrire le résultat par unité de travail dans le document unique, et le mettre à jour au moins chaque année à partir de onze salariés.
  • Ce qui est recommandé : un pré-diagnostic sur les données déjà détenues avant tout questionnaire, pour cibler les unités de travail à interroger.
  • Par où commencer : faire signer une note de cadrage engageant la direction sur un plan d'action daté, avant d'écrire la première question.
  • Où Diagnoz intervient : la campagne, la restitution par unité de travail et le plan d'action tiennent dans le même outil, sans ressaisie d'un fichier à l'autre.

La loi fixe le résultat attendu, sans désigner la méthode. L'employeur évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans l'organisation du travail et la définition des postes3. L'obligation de sécurité vise la santé mentale au même rang que la santé physique13. Aucun de ces deux articles ne prononce le mot « psychosocial ». Leur rapprochement fait pourtant entrer ces risques dans le périmètre de l'évaluation313. C'est une lecture des textes, pas une citation.

L'INRS, référence française en prévention des risques professionnels, le dit sans détour. Ces risques « doivent être pris en compte au même titre que les autres risques professionnels »14. Il ajoute qu'ils doivent être évalués, puis suivis de mesures de prévention adaptées, la priorité allant aux mesures collectives14.

Ces deux articles ne désignent aucun instrument de mesure et n'imposent aucun prestataire313. Ce silence laisse la méthode libre. Il ne dispense pas d'évaluer.

Les résultats se transcrivent dans un document unique. L'évaluation comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail4. Cette maille commande tout le protocole. Un score global d'entreprise ne satisfait pas cet inventaire par unité de travail4.

La mise à jour intervient au moins chaque année dans les entreprises d'au moins onze salariés. Elle intervient aussi lors de toute décision d'aménagement important « modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail ». Et lorsqu'une « information supplémentaire intéressant l'évaluation d'un risque » est portée à la connaissance de l'employeur5.

Deux arrêts longs concentrés sur la même équipe de quai peuvent constituer une telle information. Encore faut-il qu'ils intéressent l'évaluation d'un risque, et qu'ils soient portés à la connaissance de l'employeur5.

À partir de cinquante salariés, les résultats alimentent un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail. Le document unique et ses versions successives se conservent au moins quarante ans6. Le comité social et économique (CSE), et sa commission santé sécurité quand elle existe, contribuent à l'évaluation. Le CSE est consulté sur le document unique d'évaluation des risques professionnels et sur ses mises à jour3.

Dans ces mêmes entreprises d'au moins cinquante salariés, le programme annuel de prévention est présenté au CSE. Un rapport annuel écrit sur la santé, la sécurité et les conditions de travail l'accompagne7. La règle est supplétive. Un accord d'entreprise peut définir le contenu et la périodicité des consultations récurrentes du CSE. Cette périodicité ne peut pas dépasser trois ans12. Vérifiez donc d'abord ce que dit votre accord de dialogue social sur la périodicité de cette consultation.

Reste la méthode. Elle est à votre main, et c'est là que les démarches se perdent.

Le protocole en cinq étapes

Le déroulé retenu ici compte cinq étapes, détaillées dans le tableau ci-dessous. C'est un découpage éditorial. L'INRS structure la démarche en cinq étapes différentes : préparer la démarche de prévention, puis analyser les situations de travail réelles. L'élaboration du plan d'actions vient ensuite, puis sa mise en œuvre, puis le suivi et l'évaluation des actions2. Le protocole ci-dessous détaille l'amont que l'INRS regroupe sous la préparation. Il réunit l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi du plan.

La condition posée par l'INRS vaut dans les deux cas. La démarche « doit être centrée sur l'analyse des situations de travail et non pas sur une analyse psychologique des comportements des salariés »2.

ÉtapeCe qu'elle produitQui la porteDurée type
1. CadrageNote de cadrage signée : périmètre, unités de travail retenues, composition du groupe projet, règles de restitution, engagement sur un plan datéDirection, CSE, service de prévention et de santé au travail2 à 3 semaines
2. Pré-diagnosticTableau d'indicateurs existants par unité de travail, et hypothèses de zones à risqueGroupe projet2 semaines
3. RecueilRésultats du questionnaire par unité de travail, comptes rendus des entretiens collectifsGroupe projet, service de santé au travail3 à 4 semaines
4. Analyse et cotationGrille de facteurs renseignée par unité de travail, volet psychosocial du document unique mis à jourGroupe projet, CSE2 semaines
5. Plan d'action et suiviPlan daté : action, pilote, échéance, indicateur de suivi ; point d'étape à six moisDirection, CSE2 semaines, puis suivi permanent

L'étape 1 ne produit qu'un document, et c'est le plus déterminant. La note de cadrage fixe le périmètre, le groupe projet, les règles de restitution et l'engagement de la direction. Faites-la signer. Sans cet écrit, la restitution n'engage personne et le périmètre reste discutable jusqu'au dernier arbitrage. Le plan d'action, lui, ne devient jamais facultatif. À la suite de l'évaluation, l'employeur met en œuvre les actions de prévention « garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs »3. La note de cadrage sécurise les moyens et le calendrier de ces actions.

Le pré-diagnostic de l'étape 2 se conduit sur des données déjà détenues. L'INRS publie un guide d'indicateurs conçu pour repérer les RPS à partir d'informations internes, sans enquête nouvelle8. Ce matériau se cherche dans le SIRH, le registre des accidents et les comptes rendus du CSE :

  • absentéisme de courte durée, par équipe et par mois ;
  • départs volontaires et ancienneté moyenne à la sortie ;
  • accidents du travail et maladies déclarées ;
  • alertes des représentants du personnel et signalements au service de santé au travail ;
  • postes non pourvus et recours aux heures supplémentaires.

Ce pré-diagnostic sert à cibler. On conçoit qu'interroger tout le monde paraisse plus équitable. Sans hypothèse de départ, la campagne rend des moyennes qui ne désignent aucune unité de travail. Retenez trois à cinq unités contrastées : c'est le repère de conduite de projet proposé ici.

L'étape 3 combine deux recueils. Les trois repères qui suivent sont proposés par l'article, sans texte ni étude derrière eux. Reprenez le questionnaire validé à l'identique d'une campagne à l'autre : c'est la première condition pour comparer deux mesures. Elle ne suffit pas : la comparaison ne tient que si la population interrogée et les conditions de passation restent stables. Placez les entretiens collectifs après le questionnaire : ils confrontent les résultats aux situations de travail décrites par les équipes. Le choix de l'instrument se joue sur sa validation scientifique, sujet développé dans le comparatif des questionnaires RPS.

Pour l'étape 4, l'INRS met à disposition l'outil RPS-DU. C'est une grille d'évaluation des facteurs par unité de travail, destinée aux entreprises de plus de cinquante salariés9. Les plus petites disposent de « Faire le point RPS », une quarantaine de questions renseignées collectivement10. La cotation qui en sort rejoint le document unique, selon les règles de cotation des RPS dans le DUERP.

Le rétroplanning sur trois mois

Trois mois séparent la décision de la publication du plan d'action. Le calendrier ci-dessous vaut pour une entreprise de 100 à 300 salariés qui mène la démarche en interne, sans consultation externe. Ajoutez deux semaines si le CSE ne se réunit qu'une fois par mois.

SemainesCe qui se faitPoint de contrôle
S1-S2Rédaction de la note de cadrage, désignation du groupe projetNote signée par la direction
S3Présentation de la démarche au CSE, arbitrage des unités de travailPérimètre inscrit au procès-verbal
S4-S5Extraction et mise en forme des indicateurs internesTableau de pré-diagnostic partagé
S6Choix du questionnaire, information des salariés sur l'anonymat et l'usage des réponsesNote d'information diffusée
S7-S8Campagne ouverte, relances à mi-parcours et à J-2Taux de réponse suivi par unité
S9Entretiens collectifs sur les unités les plus exposéesComptes rendus validés par les participants
S10Cotation des facteurs, rédaction du volet psychosocial du document uniqueDocument unique mis à jour
S11Restitution aux salariés, unité par unitéAucune unité laissée sans retour
S12Arbitrage du plan d'action, avis du CSE, diffusionPlan daté avec pilotes nommés

Quand le calendrier dérape, la semaine 11 est la première à sauter. Tenez-la. La restitution pèse sur la participation à la campagne suivante. Ce repère relève de la conduite de projet, pas d'une mesure publiée.

Les pièges qui font capoter la démarche

Quatre pièges reviennent, et aucun ne tient à la qualité du questionnaire. Ils sont donnés ici comme retour de pratique, pas comme statistique.

Le premier est le délai de restitution. Entre la fermeture de la campagne et le retour aux salariés, comptez quatre semaines au plus. Passé ce délai, le silence se lit comme un abandon de la démarche. Ce plafond est une proposition de l'article, pas une échéance légale. Les échéances qu'énumère l'article R4121-2 visent la mise à jour du document unique. Le programme annuel de prévention se met à jour à chacune de ces occasions, « si nécessaire » : la réserve est celle du texte5. La restitution des résultats aux salariés n'y figure pas.

Le deuxième tient à la maille d'analyse. Le cas illustratif qui suit a été construit pour l'article : une entreprise de transport frigorifique de 140 salariés affichait un score moyen honorable. L'écart entre le quai de nuit et l'administratif atteignait pourtant vingt points. Quatre arrêts longs en huit mois s'étaient concentrés sur ce quai. La direction les attribuait à un problème de recrutement. La ventilation par unité de travail a désigné autre chose : une rotation d'équipes modifiée dix-huit mois plus tôt, jamais réexaminée depuis. Le plan d'action a porté sur cette rotation. Aucune formation à la gestion du stress n'y figurait.

Le troisième piège est la ressaisie. Les réponses vivent dans un tableur, la cotation dans un autre, le plan d'action dans un compte rendu de réunion. Quelques mois plus tard, plus personne ne sait quelle action répondait à quel facteur. Un outil comme Diagnoz enchaîne la campagne, la restitution par unité de travail et le plan d'action sur le même jeu de données. La page des fonctionnalités en détaille l'enchaînement.

Le quatrième est plus discret : évaluer sans rien changer au travail. Le code du travail range parmi les principes généraux de prévention la planification qui intègre l'organisation du travail, les conditions de travail et les relations sociales11. Un plan composé de formations à la gestion du stress et d'une ligne d'écoute laisse ces registres intacts.

Ces actions ne sont pas inutiles pour autant. L'INRS les juge « nécessaires dans certains cas ». Il ajoute aussitôt que « ces actions ne sont pas suffisantes », et que la prévention « vise à adapter le travail à l'homme et non l'inverse ». Sur les cellules d'écoute et les numéros verts, il porte la même réserve : ce type de réponse reste loin de suffire2. Placez-les en complément du plan, jamais à la place.

Si vous devez arbitrer sous contrainte de temps, gardez cet ordre : l'engagement écrit de la direction d'abord, le pré-diagnostic ensuite, le questionnaire en dernier. La partie la plus visible de la démarche est aussi la moins déterminante.

FAQ

Combien de temps prend une évaluation des risques psychosociaux ?

Comptez trois mois entre la note de cadrage et la diffusion du plan d'action, dans une entreprise de 100 à 300 salariés. Menée en interne, la phase de recueil n'occupe qu'un mois. Le reste se joue en amont, sur le cadrage, et en aval, sur la restitution et l'arbitrage.

Peut-on évaluer les RPS sans questionnaire ?

Oui : la loi fixe l'obligation d'évaluer3 et de transcrire par unité de travail4. Elle ne désigne aucun instrument. Dans une entreprise de moins de cinquante salariés, l'outil « Faire le point RPS » de l'INRS se renseigne collectivement, sans campagne individuelle10.

Qui pilote l'évaluation des RPS en interne ?

L'employeur en reste responsable. Il prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs13. Le pilotage opérationnel revient à un groupe projet associant la direction, des représentants du personnel et le service de prévention et de santé au travail. La répartition des rôles entre acteurs de la prévention précise ce que chacun peut faire et ne pas faire.

Une évaluation des risques psychosociaux se juge sur ce qu'elle change dans le travail, jamais sur son taux de réponse.

Ouvrez cette semaine votre document unique et repérez les unités de travail dont le volet psychosocial n'a pas bougé depuis deux ans. Ce sont vos premières cibles de pré-diagnostic. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, l'Assurance Maladie finance jusqu'à 70 % du coût d'un accompagnement par un consultant référencé. L'aide va de 500 € à 25 000 €1.

Sources

  1. Prévention des risques psychosociaux : les solutions de l'Assurance Maladie, Assurance Maladie – Risques professionnels, 2026
  2. Prévenir les risques psychosociaux (RPS). Prévention, INRS, 2021
  3. Article L4121-3 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  4. Article R4121-1 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  5. Article R4121-2 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  6. Article L4121-3-1 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  7. Article L2312-27 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  8. Dépister les risques psychosociaux. Des indicateurs pour vous guider (ED 6012), INRS, 2018
  9. Évaluer les facteurs de risques psychosociaux : l'outil RPS-DU (ED 6403), p. 5, INRS, 2e édition 2022 révisée en mai 2025
  10. Risques psychosociaux : les clés pour agir. Outils et bases de données, INRS, 2022
  11. Article L4121-2 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  12. Article L2312-19 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  13. Article L4121-1 du code du travail, Légifrance, version en vigueur
  14. Risques psychosociaux (RPS). Ce qu'il faut retenir, INRS, 2021

Évaluez les risques psychosociaux de vos équipes.

Questionnaire scientifique, restitution par unité de travail et volet RPS du DUERP généré.

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